Lettre d'Uruguay

3 novembre 2008

Retrouvons Piriapolis, petite station balnéaire, comme nous l'avions laissé en juin 2007, vent quotidien, une certaine fraicheur la nuit, chaud ou très chaud en journée, animation en fin de semaine. Divine surprise, Lyster est propre, pas de poussière, pas d'infiltration d'eau de pluie, rien n'a bougé. Petite semaine pour tout remettre en place et retrouver nos repaires, adopter une cantine, chez Donna Cora, quelques courses au supermercado, mondanité réduite à un seul Français qui part 3 mois en Europe, échange d'infos à l'apéro traditionnel.

L'Uruguay est un pays "tranquille" comme le disent ses habitants, modestes, courtois, voire chaleureux. Il faut dire que nous avons laissé Lyster 16 mois, sans jamais donner signe de vie, un petit mail 48 h avant notre arrivée, nous sommes accueillis par la secrétaire et le directeur avec des bises et des paroles de bienvenue, ce que nous n'avons pas manqué de porter sur le Livre d'or de la Capitainerie. Nouvelle musique à nos oreilles attentives, Sylvia à Paris nous l'avait signalé, dans le Rio de la Plata, on prononce « ch » le « double l » et le « y », il faut dire « torticha ». et « cho no se » .

Hier dimanche, nous sommes allés dans un resto bord de mer chez Don Anselmo. manger des mariscos arrosés d'un blanc de blanc local, sec et très convenable. Découverte du Krill sauté à l'ail. Le fameux plancton que collectait Bombard avec ses épuisettes à fines mailles pendant sa traversée en radeau, et qu'affectionne les baleines qui le filtrent à travers leurs fanons. Un régal de protéines, très nourrissant, pensez donc pour apaiser la faim d'un cétacé de plus de cent tonnes.

C'est aussi le carburant essentiel du Pétrel tempête, ce petit oiseau noir que nous avons recueilli pendant notre traversée, 15 cm de long et 40 d'envergure, 25 grammes tout mouillé, qui parcourt des distances phénoménales, papillonne au ras des vagues, tout noir, invisible des prédateurs aériens et sous-marins, comme un avion furtif, et picore en voletant pour se nourrir.

Cette semaine vont commencer les travaux sérieux, boucher les cratères faits sur la coque à la suite d'osmose, cette plaie des bateaux en polyester, avec un mastic époxy, contacter Julio le mécano pour une révision sérieuse du moteur.

Que du bonheur dans nos 20 mètres carrés!!!



Lyster sur son berceau

Tel que nous l'avions laissé sur son berceau

emmailloté

emmailloté comme un bébé

éléphants de mer

Tendres lions de mer _le mâle avec sa crinière

au soleil

ne pouvant se gratter la tête, il met sa tête à l'envers à portée de sa patte

la femelle

le gros mâle est parti, elle prend son temps et son pied

plage

souvent du vent

cormorans

cormorans

Dernière minute:

Pour conclure cette journée, nous avons regardé un téléfilm « La tempête » de Bertrand Arthuys, fiction prenant pour cadre la tempête du 27 décembre 1999 qui avait ravagé plusieurs départements français avec son cortège de catastrophes, forêts dévastées, tous trafics interrompus, lignes électriques coupées.

A peine couchés, une bourrasque s'est abattue sur nous. La pluie ne tombait pas, elle déferlait parallèle au sol et frappait tout sur son passage. Le bateau en tremblait sur son berceau de bois. L'anémomètre pas encore installé en tête de mât, impossible de connaître la force du vent ni sa direction. Pampéro ou Sudestas ? Pas plus d'une demie-heure. Ce matin beau soleil.

Coïncidence qui pose question à nos petites têtes de nomades expatriés à moins que ce soit l'attente du résultat aujourd'hui qui pourrait changer le monde. Obama ou McCain ?

Resistiré, la chanson du Duo Dinamico, du film "Atame" de Pedro Almodovar, résister à la solitude, au monde qui change, aux changements climatiques, aux catastrophes économiques et au risque d'avoir un McCain comme President. 

Résister             Résister                     Résister          Résister

danjacq

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